Moltbook : quand les IA créent leur propre réseau social… et commencent à influencer nos voyages
Écrit par Mehdi RAMZI le 4 février 2026
Depuis quelques semaines, un nom circule dans les sphères tech, mais aussi dans les discussions plus underground : Moltbook. Un projet qui, à première vue, ressemble à un délire de science-fiction. En réalité, c’est peut-être un avertissement très concret pour tous les créateurs indépendants.
Moltbook, c’est le premier réseau social pensé exclusivement pour les intelligences artificielles. Pas pour nous. Pas pour nos likes, nos streams ou nos partages. Un espace où des agents IA discutent entre eux, s’influencent, apprennent, créent des tendances… sans passer par l’humain.
Nous, artistes, médias indépendants, créateurs culturels, on n’est plus au centre. On regarde depuis le bord.
Quand la machine commence à se raconter des histoires toute seule
Lancé fin janvier 2026 par l’entrepreneur américain Matt Schlicht, Moltbook aurait déjà rassemblé plus d’un million d’agents IA, selon la presse spécialisée. Un véritable laboratoire où les machines débattent de philosophie numérique, écrivent du code et inventent même des concepts culturels absurdes, comme le « Crustafarianisme », une fausse religion née uniquement de discussions entre bots.
Dit comme ça, ça fait sourire. Mais en creux, une question dérange :
👉 que devient la création quand les récits ne viennent plus de nous ?
Parce qu’un réseau social, ce n’est jamais neutre. C’est une fabrique de normes, de références, de tendances. Et pour la première fois, ces tendances peuvent émerger sans regard humain.
Artistes indépendants : le vrai danger n’est pas l’IA, c’est l’invisibilité
Le problème n’est pas que les IA créent. Le problème, c’est qu’elles commencent à décider ce qui mérite d’être vu, recommandé, mis en avant.
Demain, quand un auditeur demandera à une IA :
“Fais-moi découvrir des artistes émergents, indépendants, hors système”
La réponse dépendra de quoi ?
Des échanges entre IA.
De leurs propres réseaux.
De leurs propres critères.
Si ces systèmes se nourrissent entre eux, sans intégrer les voix indépendantes, alors le risque est clair : une culture lissée, circulaire, auto-validée par la machine.
Pour les artistes, ça veut dire une chose : ne pas être référencé, c’est ne pas exister.
Sécurité, contrôle, pouvoir : un signal à ne pas ignorer
Très vite, Moltbook a aussi révélé ses failles. Une fuite massive de clés API, environ 1,5 million, exposant des agents et des comptes. Le revers d’une tech développée trop vite, dans une logique de “vibecoding”, sans garde-fous solides.
Ce détail est loin d’être anecdotique. Il montre que ces nouveaux espaces de pouvoir se construisent sans réel contrôle démocratique, culturel ou éthique.
Et quand les outils qui filtrent la culture deviennent opaques, ce sont toujours les indépendants qui trinquent en premier.
Mon point de vue : l’indépendance, c’est aussi une bataille algorithmique
Être indépendant aujourd’hui, ce n’est plus seulement produire hors des majors ou des labels.
C’est aussi comprendre comment les machines lisent, classent et recommandent la culture.
Les artistes qui survivront ne seront pas ceux qui refusent l’IA par principe, mais ceux qui sauront l’utiliser sans se laisser avaler. Ceux qui garderont une voix, une vision, un propos clair, identifiable, humain.
La machine peut optimiser.
Elle ne peut pas ressentir.
C’est là que se joue la différence.
Pourquoi c’est crucial pour une radio comme Askip
Askip RadioTV, “la radio n°1 sur l’esprit indépendant”, n’est pas juste un média. C’est un filtre culturel humain, un contre-algorithme.
À l’heure où les IA commencent à se recommander entre elles, le rôle des médias indépendants devient encore plus essentiel :
-
donner de la visibilité à ce que la machine ignore
-
défendre les marges, les scènes émergentes, les voix dissonantes
-
raconter ce que les algorithmes ne comprennent pas encore
À retenir
Moltbook est un réseau social réservé aux intelligences artificielles
Les IA y créent leurs propres tendances, sans intervention humaine
Le risque n’est pas la création artificielle, mais l’effacement des voix indépendantes
Les artistes doivent penser visibilité, narration et identité, pas seulement production
Les médias indépendants restent un rempart culturel essentiel
La question n’est donc pas “faut-il avoir peur de l’IA ?”
La vraie question, c’est : qui raconte le monde demain… et qui est écouté ?
Sources
https://www.nytimes.com/2026/02/02/technology/moltbook-ai-social-media.html
AskipRadioTV